mardi 3 février 2009

Il aurait escroqué un million avec de fausses factures



Six prévenus ont comparu, hier, devant le Tribunal correctionnel du Val-de-Ruz, à Cernier, pour une importante affaire d'escroquerie. Ils auraient détourné environ un million de francs au détriment de l'entreprise ETA SA, à Fontainemelon.
Le principal prévenu est un ex-cadre de l'entreprise, responsable des bâtiments, qui aurait réussi ce coup de maître par le truchement de fausses factures émises entre 1997 et 2004. Grâce à lui, le patron d'une société de sécurité de la région aurait empoché plus d'un demi-million de francs pour des prestations qu'il n'a pas fournies. L'ex-cadre d'ETA a été confondu par son employeur en décembre 2004, et licencié sur le champ. Les magouilles ont, semble-t-il, commencé en 1997, avec des factures de la société de sécurité largement gonflées. Jean-Jacques*, le responsable des bâtiments d'ETA et Manuel*, le patron de l'entreprise de sécurité, sont des amis très proches.
En 1992, le premier permet au second d'obtenir le mandat de surveillance des bâtiments avec un premier contrat modeste qui évoluera très vite, avec essentiellement des accords oraux. Entre 1997 et 2004, Jean-Jacques* aurait visé des factures de surveillance qu'il savait ne pas être accomplies. Tout en veillant, cependant, à ne pas dépasser le budget qui lui était alloué, afin de ne pas éveiller la méfiance de son employeur.
Il a procédé de la même manière avec les quatre autres prévenus, des artisans du bâtiment, à qui il confiait des mandats d'entretien pour les différents sites de l'entreprise. Il poussait non seulement les petits entrepreneurs à gonfler le montant de leurs factures afin de récupérer pour son compte la moitié, voire l'entier du bénéfice ainsi réalisé, mais il leur faisait également établir de fausses notes. Gianni*, l'un des artisans, servait d'homme à tout faire pour Jean-Jacques et aurait facturé à ETA pour 300 000 francs de travaux non effectués. Une somme qu'il a partagée avec l'ex-cadre. Jean-Jacques leur aurait également fait accomplir d'importants travaux dans sa maison, tout en leur demandant d'envoyer la facture à ETA, avec de faux libellés.
Cumulées, les fausses notes se montent à un peu plus d'un million de francs. Mais le préjudice pourrait même être encore plus important. «Il est difficile de déterminer le montant exact du préjudice, les fausses factures étant mélangées aux vraies», a relevé le procureur Yanis Callandret. Il a requis 24 mois de prison pour Jean-Jacques*, 18 mois pour Manuel* et 12 mois pour Gianni*, toutes les peines étant assorties d'un sursis de deux ans. Pour les trois autres prévenus, accusés de complicité d'escroquerie et de faux dans les titres, il a demandé 120 jours-amende pour l'un deux et 60 pour les deux autres, là aussi avec un sursis de deux ans. Toutes les peines requises étant associées à des amendes.
Plaidoiries et verdict aujourd'hui. /FNO
*prénoms fictifs
FANNY NOGHERO


un article paru dans l'Express du 03.02.2009 - reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur.

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