mardi 29 janvier 2008

Société Générale : Incrédulité et irresponsabilité


copyright: © Chappatte - dessin reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur.
www.globecartoon.com/dessin

Ce dessin de presse de Chapatte paru dans Le Temps d'aujourd'hui résume à lui seul la perversion du système financier. D'un côté, on adule les "gourous" des places financières en les rémunérant à coup de salaires et bonus mirifiques. De l'autre, on veut se rassurer que d'éventuels fraudeurs seraient interceptés par les organismes de contrôles internes et/ou externes. Une fois de plus, la Finance administre le poison et le remède...mais la conviction avec laquelle ce dernier est donné semble peu convaincante.
En effet, comment imaginer qu'un organisme bancaire de cette importance puisse:
  • Ignorer que l'un de ses traders parie à lui seul des sommes dépassant une fois et demie les fonds propres de la banque ?
  • Passer outre les avertissements émis par Eurex (la bourse des dérivés sur laquelle J. Kerviel opérait) au travers de ses appels de marge ?
  • Se satisfaire de courriers électroniques (falsifiés en l'occurence) pour justifier des positions et des engagements aussi importants ?

On pourrait toujours tenter de se rassurer en pensant que Jérome Kerviel est un jeune homme irresponsable, que ses rêves de grandeur et de reconnaissance lui ont fait franchir la limite mais qu'il ne s'agit là que d'un cas isolé... Un "cas isolé isolé" peut-être par son ampleur, mais pas par son mécanisme pervers qui pousse la banque vers toujours plus de profits, quitte à perdre tout connexion avec la réalité économique, avec la compréhension de ce que l'on fait, avec la connaissance des produits que l'on utilise.

Les effets de la crise des subprimes américains ne sont encore pas digérés qu'on découvre un nouveau cas de la bêtise humaine. Après avoir compris qu'il n'est pas possible de gagner de l'argent à long terme par la revente de crédits hypothécaires pourris, peut-être que les grands pontes de la Finance apprendront deux nouvelles leçons: Premièrement, qu'on ne peut contrôler efficacement que ce que l'on maîtrise. Deuxièmenent, qu'un e-mail a autant de valeur probante qu'une carte postale !

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