vendredi 30 novembre 2007

Le patron d’Avendis Capital sous les verrous


Un scandale financier secoue la place de Genève. Yannis Bilquez a été incarcéré mercredi par la police genevoise. Le fondateur d’Avendis Capital, société de gestion alternative basée à Genève et à Londres, est «sous le coup d’une information pénale», a confirmé jeudi au Temps le procureur genevois Dario Zanni. Il est accusé d’avoir «détourné l’argent des investisseurs» et d’«abus de confiance à grande échelle». Jeudi, les bureaux d’Avendis à la rue du Rhône ont été perquisitionnés par la brigade financière, qui a copié tous les disques durs des systèmes informatiques. Le détenu est arrivé menotté pour à son interrogatoire.
«Une dizaine de plaintes ont été déposées contre Yannis Bilquez», indique Dario Zanni. Une autre émane de l’entourage du financier. L’épouse et associée du prévenu entretenait des relations houleuses avec les employés de la société. Très décriée à l’interne pour ses «faibles compétences» et son «tempérament explosif», elle aurait quitté la Suisse jeudi.
Selon les avocats des investisseurs, Olivier Jornot et Daniel Tunik, Yannis Bilquez est accusé d’avoir «utilisé l’argent de son fonds Enhanced Fixed Income à des fins personnelles sans le moindre rapport avec la stratégie du fonds». Il aurait, selon eux, détourné la moitié des avoirs du fonds, estimés à 70 millions de dollars, pour recapitaliser son autre hedge fund en difficulté, Golden Key, finalement liquidé en août. De plus, il aurait prêté «indûment», toujours avec l’argent du fonds, plus de 20 millions de dollars à la société Charles Jourdan, en redressement judiciaire. Or il était aussi le propriétaire du chausseur français de luxe depuis fin 2005 à travers sa holding Finaluxe. «Là aussi, le recouvrement de ces fonds sera impossible», souligne Olivier Jornot. L’avocat estime à 15 millions de dollars les pertes des plaignants.
Le fonds a été liquidé en septembre. Les 25 employés d’Avendis n’ont pas été payés depuis octobre, et le groupe n’a jamais publié de rapport audité pour 2006. Ces déboires contrastent avec le style de vie extravagant du prévenu: en octobre, il se serait offert une Porsche Cayenne à 260 000 francs…
Son principal bailleur de fonds embastillé, Charles Jourdan risque la faillite en France. Jeudi, le Tribunal de commerce de Romans-sur-Isère devait désigner un repreneur. Le dernier en lice, l’américain Omniscent, pourrait renoncer, n’ayant pas la libre disposition des marques du groupe, selon nos sources.
Source: Le Temps du 30.11.2007

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